Rencontre 3. - Je suis Oasien – qu’est-ce qui en découle ?

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Objectif et méthode de la rencontre

Le troisième jour des retraites, les participants se rendent déjà compte que l’oasis est quelque chose de plus qu’un « cercle religieux ». Ils connaissent aussi dans les grandes lignes la vision du Père F. Blachnicki concernant les tâches et les méthodes du Mouvement Lumière-Vie. Il est donc temps d’entreprendre des actions concrètes concernant leurs propres communautés oasiennes paroissiales. Cette rencontre doit les aider à découvrir les besoins de ces communautés et les moyens de les satisfaire.

Une heure et demie est prévue pour la rencontre. Elle sera menée selon la méthode de la Révision Évangélique de Vie, donc elle se composera de trois parties, avec les objectifs suivants :

  1. Voir – Regard objectif sur nos propres communautés, découverte à la fois des insuffisances et des traits dignes d’éloge. Échange d’expériences entre les participants. (30 min.)

  2. Juger – Découverte des attentes de Dieu envers les communautés et leurs membres individuels sur la base de l’Écriture Sainte. Évaluation de l’état de nos communautés à la lumière de la Parole de Dieu. (45 min.)

  3. Agir – Trouver les domaines d’activité des communautés oasiennes paroissiales qui nécessitent une amélioration. Prendre des résolutions concrètes. (15 min.)

Préparation de l’animateur

Le fragment Rm 12,2–18 doit être lu et médité à l’avance, et mieux encore prié et essayé d’être rapporté aux réalités des communautés oasiennes. Je propose de le faire avant de lire la suite du canevas.

Dans la préparation peuvent aussi être utiles les autres fragments, notés plus loin, bien que la plupart d’entre eux ne seront probablement pas utilisés lors de la rencontre. Il vaut aussi la peine de se familiariser avec les matériaux supplémentaires à la fin du canevas.

Prière

Nous commençons la rencontre par une prière à l’Esprit Saint, le demandant d’ouverture à Ses inspirations et de disponibilité à entreprendre les actions qu’Il exige de nous. On peut aussi ajouter une intention pour l’unité du Mouvement et la fidélité au charisme.

Voir

Chacun des participants parle de sa communauté. La forme de discussion est plus indiquée ici que de parler à tour de rôle. Cependant chacun doit avoir l’occasion de s’exprimer. Si dans le groupe il y a plusieurs personnes d’une même paroisse, il faut veiller à ce qu’une personne ne raconte pas « tout ». Ici sont précieux non seulement les faits eux-mêmes, mais aussi l’évaluation privée d’un tel état de choses, c’est pourquoi chaque voix est importante.

Il est très important de parler à la fois des bons aspects de la vie d’une communauté concrète et des mauvais. L’objectif de la rencontre n’est pas de se plaindre, comme c’est mal dans nos oasis, comme elles sont faibles et imparfaites. La rencontre doit aider les participants à découvrir la vérité sur leurs communautés. Il est nécessaire de parler des succès et des réalisations dans les différentes paroisses. Cela doit enrichir tous les participants, renforcer l’espérance d’amélioration de certains défauts et peut-être indiquer des voies de sortie, éprouvées dans d’autres oasis.

Si les participants manifestent une tendance opposée, donc affirment que tout va bien, ce n’est pas pour l’instant si grave. La découverte des défauts est l’objectif de la deuxième partie de la rencontre, bien qu’il serait bon que les participants remarquent eux-mêmes certaines choses. S’ils ne les remarquent pas, dans la deuxième partie l’Écriture Sainte les y aidera.

Questions que l’on peut poser aux participants :

  • Quelles oasis y a-t-il dans votre communauté : ODB, Église Domestique, … ?

  • Combien y a-t-il de membres ? À quel stade ?

  • À quelle fréquence sont les rencontres – en groupe et générales ?

  • Combien de personnes partent en retraites ?

  • Y a-t-il une Messe commune ? À quelle fréquence ?

  • Comment se présente la prière dans la communauté ?

  • Comment l’oasis agit-elle dans la paroisse ?

  • Comment se passe la coopération : avec les prêtres, avec les servants d’autel, avec les marianistes, avec les autres groupes paroissiaux ?

  • Comment l’oasis est-elle vue par les paroissiens ?

Juger

Cette partie de la rencontre s’appuiera sur le fragment de la lettre de saint Paul aux Romains Rm 12,2–18. C’est un texte assez long, abordant brièvement beaucoup de questions. Il ne faut pas s’approfondir dans tout, plutôt se concentrer sur ce en quoi les différentes communautés manquent. En même temps il faut être prudent pour ne pas passer à côté de questions importantes, telles que l’Eucharistie ou la prière, que ce fragment touche en trois mots. On peut lire le texte par fragments et les méditer successivement, par ex. Rm 12,2.3–8.9–12.13–18.

Je ne veux pas imposer l’interprétation du texte. Ce qui est important, c’est ce que les participants déduiront eux-mêmes. De plus l’animateur peut voir le besoin d’accentuer certaines questions, selon son discernement. C’est pourquoi les méditations suivantes (jusqu’à la fin de la partie Juger) n’ont pas besoin d’être prises en compte du tout. Je voudrais cependant partager mes propres observations, qui peut-être se révéleront utiles. Il y en a certainement trop, je les présente pour qu’il y ait de quoi choisir. En gras j’ai cependant distingué les thèmes qui, à mon avis, devraient être abordés :

  • Rm 12, 2 - Saint Paul n’a pas écrit toutes ces indications dans un ordre aléatoire. Il commence donc par les bases : chercher la volonté de Dieu et la metanoia. Sans cela n’existe pas une communauté chrétienne. En même temps il faut avoir l’esprit ouvert pour ne pas construire sur des modèles tirés de ce monde, mais s’appuyer sur le plan de Dieu, qui souvent est surprenant et exigeant.

  • Rm 12, 3–8 - L’enseignement paulinien sur l’Église comme un seul corps dans le Christ peut être rapporté aussi à la communauté oasienne. Chacun a sa place, selon le don qu’il a reçu. En même temps saint Paul énumère les fonctions qui dans chaque communauté chrétienne devraient être remplies. Par nécessité dans l’Oasis souvent une personne remplit plusieurs fonctions. Certaines fonctions sont assumées par le collège des animateurs, une partie peut être remplie par les participants. Il est important qu’aucune d’elles ne manque dans la communauté :

    • don de prophétie – Il ne doit pas être compris au sens de charisme extraordinaire. Dans le contexte de la communauté c’est avant tout le discernement de la volonté de Dieu. Quelqu’un doit remplir cette fonction, habituellement le prêtre ou le collège des modérateurs, puisque l’objectif de la communauté est d’accomplir la volonté de Dieu. Encore une fois saint Paul l’énumère en premier lieu. Cependant (contrairement aux deux suivants) saint Paul appelle explicitement la prophétie un don, donc personne ne peut remplir cette fonction par fonction (par ex. le prêtre) et on ne peut l’attribuer à n’importe qui. En pratique cela se réduit à suggérer des idées concernant l’action et d’éventuels changements dans la communauté. Leur source devrait toujours être la prière.

    • fonction de diacre – Encore une fois il ne faut pas le comprendre au sens d’ordination. Le grec diakonos signifie serviteur, donc les activités diaconales peuvent être comprises comme tous les services nécessaires dans la communauté. Cela peut être le service liturgique ou le nettoyage de la salle. Habituellement ils sont remplis par les participants, souvent sous forme de permanences.

    • fonction d’enseignant – transmission de la connaissance. En raison du service, tous les animateurs la remplissent.

    • don d’exhortation – nécessaire dans chaque communauté.

    • supérieur – modérateur, pas nécessairement prêtre.

    • distribution, œuvres de miséricorde – L’Oasis, ou du moins les oasiens, doit servir les nécessiteux. Il ne s’agit pas de remplacer la section paroissiale de Caritas, mais plutôt de coopérer avec elle. C’est bien si la communauté dans son ensemble s’engage dans quelques œuvres de miséricorde. Si ce n’est pas possible, alors bien sûr chaque membre de l’Oasis devrait servir quelque part d’une manière ou d’une autre quelqu’un. La foi, si elle n’était pas jointe aux œuvres, est morte en elle-même. (cf. Jc 2,14–19)

  • Rm 12, 9–12 - Liste de principes auxquels il faut se référer dans la vie communautaire. Chacun d’eux est important. La plupart se traduisent simplement dans nos réalités, je commenterai donc seulement quelques-uns :

    • Accomplissez le service du Seigneur – C’est probablement la seule référence directe à la liturgie dans tout le texte. Pourtant l’Eucharistie devrait être un élément indissociable de la vie communautaire, comme le disent d’autres textes pauliniens (cf. par ex. 1 Co 11,17–34). Dans la mesure du possible l’oasis devrait se rassembler chaque semaine pour une Messe commune.

    • Dans la détresse soyez patients – c’est-à-dire dans toutes les difficultés intérieures et extérieures.

    • Dans la prière [soyez] persévérants – La prière communautaire est nécessaire dans chaque communauté où Dieu doit être au centre. Son absence en principe ne peut être justifiée par rien. Il faut à la fois l’action de grâce et la prière d’intercession dans les intentions des membres individuels, de toute la communauté paroissiale, de tout le Mouvement, ainsi que pour la paroisse, la Patrie, l’Église et le monde. La prière individuelle des membres individuels pour la communauté est aussi nécessaire.

  • Rm 12, 13–18 - D’autres principes, cette fois parlant des relations de la communauté avec le « monde extérieur ». Après la description de la vie intérieure de la communauté, saint Paul passe aux actions à l’extérieur et aux relations avec les autres personnes. Ici nous arrivons aussi à l’objectif principal de la rencontre, car cette partie de la vie communautaire montre souvent des manques dans l’Oasis. En principe tous les thèmes abordés ici sont importants :

    • Pourvoyez aux besoins des saints – Saint Paul parle du soutien matériel de l’Église. Nous pouvons nous poser en plus la question, si et comment nous prenons soin des finances de la communauté ainsi que de tout le Mouvement.

    • Pratiquez l’hospitalité – Sommes-nous ouverts aux nouveaux membres ? Invitons-nous des invités aux rencontres ?

    • Bénissez ceux qui vous persécutent – L’Oasis rencontre parfois des critiques de différents côtés. Il faut répondre à ces critiques avec une sensibilité chrétienne, en essayant de corriger les erreurs et d’améliorer son image. Et si la critique est en fait sans fondement, la réponse de l’amour est la prière pour la lumière de l’Esprit pour ceux qui nous jugent injustement.

    • Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent, pleurez avec ceux qui pleurent – L’Oasis ne peut pas être détachée de la réalité dans laquelle elle se trouve. En particulier elle devrait s’unir avec la paroisse dans ses joies, et dans les difficultés la soutenir dans la mesure du possible.

    • Ne vous considérez pas vous-mêmes comme sages – surtout plus sages que le curé, que les parents…

    • Efforcez-vous de faire le bien à tous les hommes – Nous revenons au thème des œuvres de miséricorde.

    • Vivez en paix avec tous les hommes – Il faut veiller premièrement à ce que l’oasis n’initie aucun conflit. Deuxièmement l’oasis devrait agir en faveur de l’apaisement de tous les conflits. Non seulement ceux qui la concernent directement, mais aussi parfois dans le rôle de médiateur. Bien sûr avec tact et pas contre qui que ce soit.

Comme je l’ai déjà mentionné plus tôt, l’animateur peut considérer certaines choses comme nécessitant plus d’attention. Alors il peut s’appuyer sur l’un des textes suivants :

  • 1 Co 11, 17–20 Importance de l’Eucharistie et éviter les conflits.

  • Ep 5, 17–20 Discernement de la volonté de Dieu ; prière commune de louange, en particulier la prière par le chant.

  • 1 Tm 2, 1–4 Prière communautaire d’intercession pour le monde. Jc 2,14–19 Œuvres de miséricorde.

  • Ep 5, 3–4 Culture de la parole.

  • Ga 6, 1–3 Soutien mutuel et responsabilité pour l’autre. Ph 2,1–5 ; Ep 4,1–3 Unanimité et humilité.

Agir

Après avoir constaté comment c’est (partie I) et comment cela devrait être (partie II), les participants devraient entreprendre l’effort de découvrir les possibilités d’amélioration de la vie communautaire. Certaines idées ont pu apparaître déjà pendant les parties précédentes. Il faut maintenant les répéter, les préciser et évaluer les possibilités de les mettre en vie. Il faut aussi réfléchir à ces problèmes dont les solutions ne s’imposent pas d’emblée.

Le déroulement de cette partie dépend du temps restant et des possibilités du groupe. S’il y a trop d’idées, il faut plutôt se concentrer sur certaines et les discuter plus en détail. S’il y en a trop peu, on peut essayer de mobiliser les participants à un court « brainstorming », pour que tous réfléchissent à un problème concret d’une communauté choisie.

Le meilleur fruit de cette rencontre seront les déclarations des participants d’entreprendre des actions concrètes. Bien sûr elles devraient être spontanées, on ne peut pas permettre de créer une atmosphère de pression. S’il n’y a pas de telles déclarations, il suffit que les participants sortent de la rencontre avec un sentiment de responsabilité pour la communauté.

Prière

Pour la force de l’Esprit pour accomplir les résolutions. Pour tous les responsables et pour tous les membres de nos communautés. Pour une coopération féconde de l’oasis avec la paroisse…

Alternativement : Mystère de la descente de l’Esprit Saint — Les Apôtres, enfermés dans le Cénacle, après avoir reçu l’Esprit sont sortis dans le monde proclamer le Christ par le témoignage de la parole et de l’action.

Matériaux supplémentaires

Du Code de Droit Canonique, canon 215

Les fidèles ont le droit de fonder librement des associations et de les diriger pour des fins de charité ou de piété ou pour animer la vocation chrétienne dans le monde, ainsi que de tenir des réunions pour atteindre en commun ces objectifs

De l’exhortation apostolique de Jean-Paul II Christifideles laici :

La nécessité de l’existence de critères clairs et stricts d’évaluation et de reconnaissance des associations de laïcs, appelés aussi « critères de caractère ecclésial », est toujours comprise dans la perspective du bien de la communion et de la mission de l’Église, donc il ne faut pas y voir une limitation de la liberté d’association. Il faut accepter les critères fondamentaux suivants pour déterminer le caractère de chaque association sans exception de personnes laïques dans l’Église :

  • Mettre en premier lieu la vocation de chaque chrétien à la sainteté, qui se manifeste dans les fruits de la grâce que l’Esprit engendre dans les fidèles et consiste dans l’effort d’atteindre la plénitude de la vie chrétienne et la perfection de l’amour. Selon ce principe toutes les associations de laïcs sans exception s’efforcent de remplir de plus en plus dans l’Église le rôle d’instrument de sainteté et accentuent et mettent en premier lieu chez leurs membres une connexion plus étroite entre la vie pratique et la foi.

  • Responsabilité dans la profession de la foi catholique, s’exprimant en ce que l’acceptation et la prédication de la vérité sur le Christ, l’Église et l’homme se fait selon son interprétation authentique du Magistère de l’Église. (…)

  • Témoignage d’une communion durable et authentique trouvant son expression dans l’attitude filiale envers le pape (…) et envers l’évêque (…)

  • Conformité avec l’objectif apostolique de l’Église et participation à sa réalisation, c’est-à-dire dans l’évangélisation et la sanctification des personnes et la formation à la manière chrétienne de leur conscience, pour ainsi imprégner de l’esprit évangélique les différentes communautés et milieux. Cela exige que les associations de laïcs, toutes ensemble et chacune séparément, approfondissent leur engagement missionnaire en devenant de plus en plus le sujet de la nouvelle évangélisation.

  • Présence engagée dans la communauté humaine, étant toujours - à la lumière de la doctrine sociale de l’Église - un service en faveur de la pleine dignité de l’homme. (…)

Les critères fondamentaux présentés ici se vérifient par les résultats concrets accompagnant la vie et l’activité des diverses associations de personnes laïques, comme par exemple l’animation de l’amour de la prière, de la contemplation, de la vie liturgique et sacramentelle ; l’activité en faveur de la croissance des vocations au mariage chrétien, au sacerdoce sacramentel et à la vie consacrée ; la disponibilité à participer aux entreprises et actions de l’Église tant au niveau local que national et international ; l’engagement dans le domaine de la catéchèse et les compétences pédagogiques dans l’éducation des chrétiens ; l’encouragement à la présence chrétienne dans les différents milieux sociaux et la participation à l’organisation et à l’animation d’œuvres charitables, culturelles et spirituelles ; l’esprit de renoncement et le retour à la pauvreté évangélique comme source de l’amour généreux de tous les hommes ; la conversion sur le chemin de la vie chrétienne ou le retour à la communauté des baptisés de ceux qui autrefois sont « partis ».

Du Testament du serviteur de Dieu le Père Franciszek Blachnicki :

En regardant le développement du Mouvement, les fruits, cette réalité dans la vie de l’Église en Pologne — je ne peux pas ne pas voir en cela un don—charisme. Cela n’a pas été inventé, créé par moi, mais cela m’a été donné et confié. Beaucoup en cela était de mes propres idées immatures, j’ai souvent gêné comme je pouvais cette œuvre, mais justement le fait que malgré cela elle a duré et s’est développée selon une certaine logique constante, interne, témoigne que c’est un don. Pour ce grand don de ma vie, pour le fait que j’ai pu devenir un instrument dans cette œuvre — que la gloire soit au Père par le Fils dans l’Esprit Saint. Et si j’avais quelque chose à transmettre et voudrais transmettre quelque chose dans mon testament spirituel — c’est justement ce don — le charisme Lumière-Vie. La compréhension, l’amour, la fidélité envers ce charisme. Il me semble en effet que toujours encore il y a peu de personnes, même en Pologne, qui ont déjà reçu la grâce de comprendre la signification de ce charisme pour le renouvellement du visage de l’Église — l’Épouse du Christ, la Nouvelle Jérusalem descendant du ciel sur la terre. Si le Seigneur me permettait encore de vivre et d’agir, je désirerais une chose, que je puisse montrer plus efficacement et plus fructueusement au milieu du monde contemporain la beauté et la grandeur du Mystère de l’Église–Sacrement, c’est-à-dire le signe et l’instrument de l’unité de tous les hommes.