Rencontre 4. - « Gratitude et liberté »

Étiquettes : Amour, Liberté, Croix, Eucharistie, Traditions juives, Travail sur texte, Questions de partage, De formation

Objectif de la rencontre + introduction pour l’animateur

Toute la journée d’hier a eu sa dynamique basée sur les 7 paroles prononcées par Jésus sur la Croix. Nous avons essayé d’exposer adéquatement chacune d’elles. Lors de cette rencontre, nous voulons recueillir les fruits de ces réflexions et guider les participants vers l’application et les fruits des retraites. Nous ne voulons pas être des auditeurs qui se sont arrêtés près du Golgotha et ont observé les événements, puis ont continué leur chemin. La rencontre avec Jésus crucifié est poignante - elle change la vie. Si quelque chose a « échappé » hier à ton groupe du contenu, n’essaie pas de le réparer. Certains participants étaient prêts à se concentrer sur chacune des 7 paroles, d’autres n’ont saisi que quelques phrases. C’est normal et attendu. Indépendamment de comment c’était - dirige-toi vers le témoignage que Dieu veut que nous ne soyons pas indifférents à ce qu’il a fait pour nous.

Objectifs de la rencontre :
  • Regarder la Croix du Christ dans le caractère de sacrifice offert

  • Synthèse des 7 paroles de Jésus - partage des fruits du samedi

  • Voir l’attitude de gratitude comme fruit de la rencontre avec le Christ

  • Introduction de la gratitude libératrice dans sa propre vie

Prière

Dans la mesure du possible prière spontanée. Nous proposons que pendant la prière se fassent deux éléments : demandes de fruits des retraites et remerciements à Dieu pour ce qui est passé. Pour Toi, ce sera une occasion de voir si l’un de ces types de prière dans Ton groupe est plus « dominant » - cela peut te permettre de discerner rapidement comment répartir les accents de cette rencontre.

Croix qui n’est pas anonyme

Toute la journée d’hier était concentrée autour de Jésus sur la Croix. Nous l’avons adoré, nous avons partagé sa signification dans notre vie. Il y a beaucoup de croix autour de nous - dans les maisons, les églises, les salles de classe, au bord des routes, dans les cimetières, dans les chapelles de campagne. Nous n’avons pas le temps de regarder chacune avec attention et d’y découvrir quelque chose. Finalement la vie nous oblige en quelque sorte à rendre la plupart de ces croix anonymes. Il y a quelque chose d’effrayant dans la pensée que la Croix du Christ puisse commencer à être pour nous « transparente ». Les images des croix diffèrent entre elles ! Chacune souligne quelque chose de différent, nous parle différemment.

Note

Le Carême nous aide à fuir ce danger - l’Église nous voile les images de la Croix pour qu’un jour nous puissions la regarder d’une manière nouvelle

  • Quelle image de la croix m’est proche ? Pourquoi ?

  • À quelle fréquence prêtes-tu attention aux croix dans Ton environnement ?

Une petite croix que nous avons reçue hier en propriété et nous avons reçu la tâche de « l’assimiler », de la faire nôtre en écrivant dessus nos découvertes.

Note

Nous soulignons que la question est seulement pour les volontaires, car cela peut interférer fortement dans la vie privée

  • Qu’as-tu écrit sur ta croix ?

  • Comment as-tu vécu l’Eucharistie d’hier ?

En regardant la Croix naissent en nous des questions. En franchissant la frontière de l“« anonymat » de la Croix, nous nous heurtons presque instantanément à la révolte - « Pourquoi la mort ? Pourquoi cela n’a-t-il pas pu se passer autrement ? ». Le point culminant de nos retraites a uni la Croix avec le vécu de l’Eucharistie. La Sainte Messe est souvent appelée le Très Saint Sacrifice. Le sacrifice a été inscrit dans notre foi. Essayons de commencer la rencontre en le comprenant mieux.

Pourquoi le sacrifice ?

Note

Cette partie de la rencontre a un caractère de transmission de connaissances. Ne l’évitons pas. Adapte les informations contenues ici à tes participants.

Jésus n’a pas inventé l’offrande de sacrifices. Les Juifs ne l’ont pas inventée non plus. Au XXe siècle est apparu le concept lat. Homo religiosus - homme religieux. Indépendamment de la période historique ou de la latitude géographique, les gens manifestent une nature religieuse. Dans chaque culture, l’homme ressentait le besoin d’offrir à dieu/aux dieux un sacrifice. Dans chaque culture était présente l’intuition de l’homme qu’à dieu « est dû » quelque chose de nous. En ce sens, cette pratique est un pré-culte envers le Dieu Unique.

Le don du sacrifice est un symbole, dont la signification dépend de l’attitude intérieure de l’offrant. Cette attitude peut exprimer adoration et louange, action de grâce et demande, reconnaissance de faute et pénitence. Le sacrifice s’accomplit au lieu de rencontre avec Dieu, où est vaincue la distance qui a surgi entre la sainteté de Dieu et la peccabilité de l’homme et grâce à elle est possible la communion entre Dieu et l’homme.

Écho de ce pré-culte, nous le trouvons aussi dans la Bible :

Abel fut berger, et Caïn fut laboureur. Au bout de quelque temps, Caïn fit à l’Éternel une offrande des fruits de la terre ; et Abel, de son côté, en fit une des premiers-nés de son troupeau et de leur graisse. L’Éternel porta un regard favorable sur Abel et sur son offrande ; mais il ne porta pas un regard favorable sur Caïn et sur son offrande. Caïn fut très irrité, et son visage fut abattu.

—Gn 4,2-5

Dans le Livre du Lévitique, on a distingué 5 types de sacrifices. Essayons de les regarder.

Note

L’animateur sort des cartes et les distribue aux participants. Chacun des participants lit une carte. Il pose une carte avec trois questions au milieu de la table dans un endroit visible pour tous.

Holocauste (hébreu olah) :

appelé aussi total, parce qu’on brûlait tout l’animal afin d’exprimer la plus haute vénération envers Dieu. Chaque jour matin et soir on tuait un agneau de sorte que ce sacrifice devait brûler tout le jour et toute la nuit : « L’Éternel parla à Moïse, et dit : Donne cet ordre à Aaron et à ses fils, et dis : Voici la loi de l’holocauste. L’holocauste restera sur le foyer de l’autel toute la nuit jusqu’au matin, et le feu brûlera sur l’autel. Le sacrificateur revêtira sa tunique de lin, et mettra des caleçons de lin sur sa chair, il enlèvera la cendre faite par le feu qui aura consumé l’holocauste sur l’autel, et il la déposera près de l’autel. Puis il quittera ses vêtements et en mettra d’autres, pour porter la cendre hors du camp, dans un lieu pur. Le feu brûlera sur l’autel, il ne s’éteindra point ; chaque matin, le sacrificateur y allumera du bois, arrangera l’holocauste, et brûlera la graisse des sacrifices d’actions de grâces. Le feu brûlera continuellement sur l’autel, il ne s’éteindra point. » (Lv 6,1-6). Il ne pouvait jamais être interrompu et c’est pourquoi il s’appelait tamid – sacrifice perpétuel.

Sacrifice expiatoire (hattat) :

c’est-à-dire sacrifice pour le péché. Le sacrifice pour le péché n’était pas connu jusqu’au moment de la conclusion de l’Alliance Sinaïtique, car auparavant il n’existait pas de possibilité légale de purification de quelque péché que ce soit par le sacrifice. Les sacrifices pour le péché et la transgression n’étaient pas du tout la composante la plus essentielle de la partie cérémonielle de la Loi. Les sacrifices qui dans la Loi étaient les plus importants, sont mentionnés dans le premier commentaire au Décalogue (Ex 20,24) et ce sont les holocaustes et sacrifices de paix (pacifiques), et donc ceux que l’Ancien Testament définit comme « odeur agréable ». Précisément ces sacrifices devaient être l’objectif fondamental de la construction de l’autel. Les sacrifices de réparation étaient un mal nécessaire, ils n’étaient pas agréables pour le Seigneur. Leur but était de rappeler le péché et d’éveiller le repentir : « En effet, la loi, qui possède une ombre des biens à venir, et non l’exacte représentation des choses, ne peut jamais, par les mêmes sacrifices qu’on offre perpétuellement chaque année, amener les assistants à la perfection. Autrement, n’aurait-on pas cessé de les offrir, parce que ceux qui rendent ce culte, étant une fois purifiés, n’auraient plus eu aucune conscience de leurs péchés ? Mais le souvenir des péchés est renouvelé chaque année par ces sacrifices. » (Hé 10,1-3)

Sacrifices de paix (zebah shelamim) – de communion ;

sacrifices communautaires ou sacrifices de paix ; autre nom : sacrifices satisfaits ; ils étaient toujours liés à un banquet rituel. Bien que le nom de sacrifice de paix n’apparaisse pas avant le don de la Loi au Sinaï, on peut cependant supposer que déjà au temps de Moïse ce type de sacrifice était bien connu. Preuve en est, par exemple, le sacrifice de paix idolâtre offert par les Israélites à l’occasion de la fonte du veau d’or (Ex 32,6). La première mention du sacrifice « shelamim » est contenue dans le commentaire au Décalogue concernant la destination de l’autel : « Tu m’élèveras un autel de terre, sur lequel tu offriras tes holocaustes et tes sacrifices d’actions de grâces, tes brebis et tes bœufs. Partout où je rappellerai mon nom, je viendrai à toi, et je te bénirai. » (Ex 20,24).

Sacrifices d’aliments (minhah)

ce sont des sacrifices non sanglants des fruits de la terre. À chaque sacrifice non sanglant appartenaient des additifs : huile, dont on arrosait le don du sacrifice ou on le mélangeait avec, ainsi que sel et encens. Seule une partie insignifiante de ces sacrifices était brûlée sur l’autel avec l’encens comme azkarah, c’est-à-dire mémorial, parce qu’il rappelait à l’offrant la bonté de Yahvé, le reste appartenait aux prêtres. Les sacrifices d’aliments offerts par les prêtres étaient brûlés en totalité, surtout celui quotidien (minhah), offert par le grand prêtre. Ces sacrifices étaient offerts dans le parvis ou dans le lieu saint. À ce type de sacrifices appartenaient : le sacrifice quotidien d’encens, les pains de proposition, l’offrande de vin et la lumière du chandelier d’or. Des sacrifices offerts dans le parvis, particulièrement important était celui qu’offrait quotidiennement le grand prêtre pour lui-même et pour tous les prêtres, et le sacrifice expiatoire des pauvres, qui ne pouvaient pas se permettre un sacrifice sanglant (Lv 2 ; 4,11-13).

Encens aromatique (hébr. « ketoreth » du verbe brûler (sacrifice ou encens)

s’unit souvent avec l’adjectif « aromatique » (hébr. « sam »). « Aaron y fera brûler du parfum odoriférant ; il en fera brûler chaque matin, lorsqu’il préparera les lampes. Il en fera brûler aussi entre les deux soirs, lorsqu’il arrangera les lampes. C’est ainsi que l’on brûlera à perpétuité du parfum devant l’Éternel parmi vos descendants. L’Éternel dit à Moïse : Prends des aromates, du stacté, de l’ongle odorant, du galbanum, et de l’encens pur, en parties égales. Tu feras avec cela un parfum composé selon l’art du parfumeur ; il sera salé, pur et saint. Tu le réduiras en poudre, et tu le mettras devant le témoignage, dans la tente d’assignation, où je me rencontrerai avec toi. Ce sera pour vous une chose très sainte. Vous ne ferez point pour vous de parfum semblable, dans les mêmes proportions ; vous le regarderez comme saint, et réservé pour l’Éternel. Quiconque en fera de semblable, pour le sentir, sera retranché de son peuple. » (Ex 30,7-8.34-38)

  • Quel type de sacrifice as-tu décrit ?

  • En quoi consistait ce sacrifice ?

  • Pourquoi l’offrait-on ?

Le concept de sacrifice pour Dieu a évolué dans le temps. Dieu nous parlait de plus en plus de sa signification. Nous apprenions en tant qu’humanité à offrir un « bon sacrifice ». La Loi Mosaïque désignait avec précision une sorte de tarif dans l’offrande de sacrifices et ainsi par exemple :

Pour péché

Il fallait offrir

Prêtre

un taureau

Assemblée des Israélites

un taureau ou un bouc

prince

un bouc

Israélite du peuple commun

une chèvre ou une brebis

pauvre

une paire de tourterelles ou de pigeons

très pauvre

1/10 d’épha de farine (4 l)

Le sacrifice depuis « paiement à Dieu » ou « rémunération à Dieu » évolue progressivement vers le témoignage d’union avec lui. Le Christ définit son désir de sacrifice : « Allez, et apprenez ce que signifie : Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices. Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs » (Mt 9,13)

Cette conversion de nous par Jésus, pour que nous regardions ce qui est vraiment essentiel, a lieu aussi au moment où Lui-même offre le sacrifice !

Comprendre le Christ

Lisons :

Il était suivi d’une grande multitude des gens du peuple, et de femmes qui se frappaient la poitrine et se lamentaient sur lui. Jésus se tourna vers elles, et dit : Filles de Jérusalem, ne pleurez pas sur moi ; mais pleurez sur vous-mêmes et sur vos enfants.

—Lc 23,27-28

  • De quoi témoigne le fait que de la « grande multitude du peuple » Jésus se soit adressé précisément aux femmes qui se lamentaient ?

  • Comment ont pu se sentir les femmes après les paroles de Jésus ?

Le Christ, en prêtant attention aux femmes qui se lamentent, montre que leur comportement l’a touché. En peu de mots, il leur transmet le message : « il ne s’agit pas de cela, vous n’avez pas compris ». Nous pouvons imaginer leur surprise et leur désorientation ! Après tout, sûrement beaucoup d’entre elles le faisaient par sincère empathie. Cet événement décrit dans l’Évangile selon saint Luc est aussi pour nous un fort avertissement - on peut ne pas comprendre le message de Jésus même quand on est à côté de Lui aux heures de pointe de Sa vie. Nous devrions nous soucier de ne pas commettre une telle erreur dans notre vie.

Note

Il existait l’institution des « pleureuses professionnelles ». Il y a une chance que les femmes décrites dans l’Évangile soient précisément de telles personnes. Indépendamment de la motivation des femmes, le Christ continue de « guider » cette motivation vers une autre voie.

  • Quelles « 7 paroles » nous a-t-il dites de la Croix ?

Note

Question introductive, mais aussi stimulante pour l’intellect. Mais ne faisons pas de cela un examen de collège. Si le groupe est distrait aidons-les (combien de fois nous est-il arrivé juste en sortant de l’église de ne pas nous rappeler de quoi parlait l’Évangile du jour)

Nous nous sommes réunis ensemble en retraite pour réfléchir à ces paroles. Nous nous sommes agenouillés devant Jésus avec la pensée « Jésus, est-ce que je Te comprends bien ? » et l’espoir qu’il nous permette quelque découverte importante.

  • Laquelle des 7 paroles m’est la plus proche ici et maintenant ? Laquelle a « exercé » sur moi la plus grande influence dans le passé ?

  • Où s’exprime le mieux mon espérance personnelle liée à la croix ? Qu’est-ce qui est pour moi le plus grand réconfort : « aujourd’hui tu seras au paradis » ? « voici ta mère ? » « entre tes mains, père » ?

  • Que changent les paroles de Jésus de la Croix dans ma foi ? Quelle perspective dessinent-elles ?

Jésus veut que nous sachions aimer. Il veut nous attirer à l’amour, montrer qu’il est possible et que nous pouvons y avoir part. La leçon de la Croix est une leçon d’Amour. C’est comme si Jésus nous disait : « Il ne s’agit pas de ma souffrance, il s’agit de comment j’aime ! ». Le Christ met radicalement l’Amour au centre. Il montre que l’amour est la clé et le sens de la vie. L’amour dans lequel volontairement et de manière désintéressée nous nous donnons à l’autre personne.

Cela sonne beau, mais cela ne peut pas être pour nous seulement de la théorie. Oui, c’est vrai que le Christ porte les brebis sur les épaules. Oui, c’est vrai que le Christ serre les enfants dans ses bras. Oui, c’est vrai que le Christ raconte des paraboles. Oui, c’est vrai que le Christ nous attire à lui quand il est suspendu à la Croix. Essayons de voir ce qui découle pour notre vie de l’enseignement du Christ transmis à ce moment.

  • De quelle manière puis-je traduire les paroles :

    1. « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font »

    2. « Je te le dis en vérité, aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis »

    3. « Femme, voilà ton fils ; voilà ta mère »

    4. « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? »

    5. « J’ai soif »

    6. « Tout est accompli »

    7. « Père, je remets mon esprit entre tes mains »

    au concret de la vie ici et maintenant dans ma vie ?

Jésus veut que notre relation avec lui soit pleine au sens où nous serons avec « chacun » des Jésus - faisant des miracles, enseignant sur la montagne, mangeant avec les Apôtres et allant au Golgotha. C’est le même Jésus. Nous les laïcs avons telle affliction que nous jurons amour « dans la santé et dans la maladie ». Nous sentons que l’amour exige cela. Avons-nous la même chose envers Jésus ?

Histoire du Salut - trois perspectives

Voir Jésus au maximum « de manière pleine » est le rêve de tout chrétien. Nous avons parlé d’essayer de voir pleinement Sa personne dans le contexte de ce qu’il disait et faisait. C’est une face de la médaille. La seconde est de voir pleinement ce qu’il a fait. Par la mort sur la Croix le Christ a uni beaucoup de signes et d’annonces.

Lisons :

Ils partirent de la montagne de Hor par le chemin de la mer Rouge, pour contourner le pays d’Édom. Le peuple s’impatienta en route, et parla contre Dieu et contre Moïse : Pourquoi nous avez-vous fait monter hors d’Égypte, pour que nous mourions dans le désert ? car il n’y a point de pain, et il n’y a point d’eau, et notre âme est dégoûtée de cette misérable nourriture. Alors l’Éternel envoya contre le peuple des serpents brûlants ; ils mordirent le peuple, et il mourut beaucoup de gens en Israël. Le peuple vint à Moïse, et dit : Nous avons péché, car nous avons parlé contre l’Éternel et contre toi ; prie l’Éternel, afin qu’il éloigne de nous ces serpents. Moïse pria pour le peuple. L’Éternel dit à Moïse : Fais-toi un serpent brûlant, et place-le sur une perche ; quiconque aura été mordu, et le regardera, conservera la vie. Moïse fit un serpent d’airain, et le plaça sur une perche ; et quiconque avait été mordu par un serpent, et regardait le serpent d’airain, conservait la vie.

—Nb 21,4-9

  • De quelle manière ce fragment se rapporte-t-il à Jésus-Christ ? À la sainte messe ?

  • De quelle manière Dieu répond-il aux pleurs des Israélites ? Est-ce la réalisation de leur demande ?

Le Christ a été élevé. Le Christ crucifié est le sauvetage pour les malades mortels à cause du péché qui est dans leur cœur. Tout comme le serpent d’airain exigeait la confiance et la foi des Israélites, ainsi nous voyons dans l’instrument du crime par la foi le symbole de la victoire.

Ces intuitions, l’Église primitive les comprenait déjà parfaitement. Lisons :

Et comme Moïse éleva le serpent dans le désert, il faut de même que le Fils de l’homme soit élevé, afin que quiconque croit en lui ait la vie éternelle. Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu’il ait la vie éternelle. Dieu, en effet, n’a pas envoyé son Fils dans le monde pour qu’il juge le monde, mais pour que le monde soit sauvé par lui. Celui qui croit en lui n’est point jugé ; mais celui qui ne croit pas est déjà jugé, parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu. Et ce jugement c’est que, la lumière étant venue dans le monde, les hommes ont préféré les ténèbres à la lumière, parce que leurs œuvres étaient mauvaises. Car quiconque fait le mal hait la lumière, et ne vient point à la lumière, de peur que ses œuvres ne soient dévoilées ; mais celui qui agit selon la vérité vient à la lumière, afin que ses œuvres soient manifestées, parce qu’elles sont faites en Dieu.

—Jn 3,14-21

  • À quel point la joie découlant de ce fragment est-elle proche de mon expérience de foi ?

  • Dans quelle mesure ces vérités fondamentales chrétiennes constituent-elles pour moi le quotidien de la relation avec le Christ ?

  • À quoi je prête attention le plus souvent ? À ce que le Christ est venu sauver le monde ou à ce que j’aimerais qu’il condamne ?

  • Que signifient pour moi les mots « s’approcher de la lumière » ?

Il y a au moins encore une perspective, que montre magnifiquement saint Jean Chrysostome :

« Veux-tu connaître la puissance du sang du Christ ? Il faut remonter à son prototype et se rappeler son type décrit dans les pages de l’Ancien Testament. Moïse ordonne : “Tuez un agneau et avec son sang aspergez le seuil et les montants de vos maisons”. Que dis-tu, Moïse ? Est-ce que le sang d’un animal irrationnel peut sauver l’homme, être rationnel ? Oui, il peut, mais pas parce que c’est du sang. Mais parce qu’il est image du Sang de l’Agneau de Dieu, du Messie, Jésus-Christ. L’ennemi, quand il verra non plus les montants aspergés de sang, qui n’était qu’image, mais illuminée par le sang de la vérité la bouche des fidèles - les montants du temple consacré au Christ, est vaincu. Veux-tu connaître encore une autre puissance de ce sang ? Regardons d’où il a commencé à couler - et de quelle source il a jailli. Il a coulé de la croix même et a pris son origine du côté du Sauveur »

—Saint Jean Chrysostome :

  • Quelle puissance avait le sang de l’agneau tué rituellement ?

  • Pourquoi les sacrifices de l’AT étaient-ils des sacrifices imparfaits ?

Jésus-Christ sur la Croix unit l’élévation avec le sacrifice expiatoire. De cette façon la victime, qui en elle-même ne constituait pas le centre du culte, devient ce qui est élevé et adoré. Jésus agit dans le rôle de prêtre (il offre lui-même le sacrifice) et de victime expiatoire. Ces connexions étaient très lisibles pour les juifs. Le sacrifice de Jésus devient le signe le plus fort possible de l’AT dans lequel se focalise toute la Tradition.

Le Christ est la première personne qui est simultanément : Roi (élevé, règne par le service), Prophète (Explique l’écriture par sa personne) et Prêtre (offre le sacrifice sur l’autel).

Ouverture à la grâce

La rencontre avec le Christ change la vie. Qu’est-ce qui change cependant ainsi dans la pratique ? L’Église, en parlant des fruits du Sacrifice du Christ, utilise l’expression « Grâce de la Croix ». Ceux qui ont rencontré le Christ et ont cru en Lui vivent en grâce. Cela peut être un peu décevant à première vue. La grâce est quelque chose de difficile à saisir, mesurer. Le miracle est concret, on le voit, on peut le nommer et l’admirer.

  • Qu’est-ce que pour Toi vivre dans la Grâce de Dieu ?

  • Comment se manifeste la Grâce de Dieu dans les sacrements ? Dans lequel la perçois-tu le plus fortement ?

  • La grâce est souvent comparée à vivre dans la lumière, pourquoi ?

Note

C’est un bon endroit animateur pour Ton témoignage sur le regard sur la vie dans la lumière de la grâce. Sur la force de cette lumière et la puissance.

Notre collaboration avec la grâce est une compétence qui se développe dans le temps. On ne peut pas connaître la Croix de manière « cruciale » (instantanée). C’est notre retour régulier à elle et le fait de regarder tant Elle que notre vie de Sa perspective qui portera du fruit. L’un des premiers fruits d’une telle ouverture est l”attitude de gratitude. En regardant combien j’ai été aimé par Jésus et combien il a fait pour moi, je cesse de me concentrer si fortement sur mes manques, et je perçois de plus en plus fortement comment je suis comblé. Cette expérience de chaque croyant individuel se traduit dans notre commune reddition de gloire à Dieu. Voyons les fragments suivants de prières et de chants :

Fragments de prières et de chants :

  1. Tu es béni, Seigneur, Dieu de l’univers, * nous avons reçu de ta bonté le vin, * fruit de la vigne et du travail des hommes /préparation des dons/

  2. Nourris par le Don sacré, nous te rendons grâce /prière après la communion/

  3. Nous te rendons grâce pour ton Fils, Jésus-Christ /prière eucharistique/

  4. Notre Pasteur est parti, lui qui a aimé le peuple, Ô Jésus, merci à Toi pour l’effort de Ta passion. /chant de passion/

  5. Tu es béni, Seigneur Dieu, Toi qui nous donnes une demeure sur la terre, pour que nous puissions grandir dans l’amour mutuel et aspirer à la perfection dans l’Église domestique, qu’est la famille. Regarde avec amour cette demeure et accorde-lui la bénédiction. /bénédiction de la maison/

  • Quel texte de prière te parle le plus ? Pourquoi ?

  • Dans quelle mesure prêtes-tu attention à quand nous remercions ensemble, et quand nous demandons / demandons pardon ensemble ?

L’Église est une communauté de « gens reconnaissants ». C’est un lieu d’apprentissage de l’attitude de gratitude. Cette attitude ne se ferme pas à l’intérieur des murs du temple, mais influe sur toute ma vie. Le fruit de la croissance dans la foi est la gratitude croissante - envers Dieu et les gens.

L’attitude de gratitude dans la foi est magnifiquement exprimée par le chant Dayenu (litt. cela aurait suffi) chanté par les Juifs pendant la Pâque :

Combien sont les bienfaits pour lesquels nous devons rendre grâce à l’Omniprésent !

S’il nous avait seulement fait sortir d’Égypte, et n’avait pas jugé les Égyptiens,
cela aurait suffi.

S’il avait jugé les Égyptiens, et n’avait pas jugé leurs dieux,
cela aurait suffi.

S’il avait jugé leurs dieux, et n’avait pas tué leurs premiers-nés,
cela aurait suffi.

S’il avait tué leurs premiers-nés, et ne nous avait pas donné les richesses des Égyptiens,
cela aurait suffi.

S’il nous avait donné les richesses des Égyptiens, et n’avait pas divisé pour nous la mer,
cela aurait suffi.

S’il avait divisé pour nous la mer, et ne nous avait pas fait passer sur son fond sec,
cela aurait suffi.

S’il nous avait fait passer sur son fond sec, et n’avait pas précipité nos persécuteurs dans ses abîmes,
cela aurait suffi.

S’il avait précipité nos persécuteurs dans ses abîmes, et n’avait pas satisfait nos besoins dans le désert pendant 40 ans,
cela aurait suffi.

S’il avait satisfait nos besoins dans le désert pendant 40 ans, et ne nous avait pas nourris avec la manne,
cela aurait suffi.

S’il nous avait nourris avec la manne, et ne nous avait pas gratifiés du Shabbat,
cela aurait suffi.

S’il nous avait gratifiés du Shabbat, et ne nous avait pas amenés au mont Sinaï,
cela aurait suffi.

S’il nous avait amenés au mont Sinaï, et ne nous avait pas donné la Torah,
cela aurait suffi.

S’il nous avait donné la Torah, et ne nous avait pas introduits dans la terre d’Israël,
cela aurait suffi.

S’il nous avait introduits dans la terre d’Israël, et ne nous avait pas construit le Temple,
cela aurait suffi.

Quelle gratitude devons-nous donc à Dieu pour de si multiples bienfaits multipliés ! Car il nous a fait sortir d’Égypte, a jugé les Égyptiens, a jugé leurs dieux, a tué leurs premiers-nés, nous a donné les richesses des Égyptiens, a divisé pour nous la mer, nous a fait passer sur son fond sec, a précipité nos persécuteurs dans ses abîmes, a satisfait nos besoins dans le désert pendant 40 ans, nous a nourris avec la manne, nous a gratifiés du Shabbat, nous a amenés au mont Sinaï, nous a donné la Torah, nous a introduits dans la terre d’Israël, nous a construit le Temple, pour nous pardonner tous nos péchés.

—chant Dayenu, fragment

  • Qu’est-ce qui te captive dans ce chant ?

  • À quelle fréquence Dieu te surprend-il et donne-t-il plus que ce que tu attendais ?

Ce chant a plus de mille ans. Il a été composé après la destruction du Temple et dans l’expérience du destin errant des Juifs parmi les nations du monde. Les Juifs même dans une telle expérience sont avant tout reconnaissants à Dieu !

Lisons :

Car nous ne pouvons pas ne pas parler de ce que nous avons vu et entendu.

—Ac 4,20

Nous avons commencé la rencontre d’aujourd’hui en partageant l’expérience de recevoir la Croix en bois. Cette Croix, nous l’avons « faite nôtre ». Aujourd’hui nous recevrons une deuxième croix - la même qu’hier. Nous voulons vous demander de l’emporter avec vous dans vos maisons. Avant que vous ne le fassiez, à l’Eucharistie d’aujourd’hui l’Évêque vous bénira dans cette tâche. Nous serons envoyés pour porter à quelqu’un la Croix du Christ et raconter notre gratitude face à ce qu’il a fait pour nous. Nous pouvons leur montrer nos Croix avec les découvertes écrites, nous leur demanderons d’écrire eux-mêmes la leur en entreprenant la réflexion sur la signification de la Croix dans leur vie. Ne gardez pas ce que vous avez reçu pour vous. Racontez à quelqu’un les 7 paroles de Jésus de la Croix, ce que Dieu vous a dit.

Dans l’Église nous sommes envoyés - le soldat est le plus en sécurité dans la caserne, mais on ne devient pas soldat pour y rester. C’est une tâche et une mission. Dieu bénit les envoyés, il ne les laisse pas seuls. Nous sommes convaincus que ce sera une merveilleuse coopération avec la Grâce du Christ.

  • À qui aimerais-tu apporter la Croix le plus ?

  • Qu’est-ce qui sera difficile là-dedans, et qu’est-ce qui sera facile ?

Résumé - Liberté

Note

Cette partie est le résumé de l’animateur.

Il y a beaucoup d’attentes autour de nous. Nous attendons un meilleur travail, une meilleure note, un meilleur internet. Nous attendons que toujours tout le monde ait pour nous assez de temps. Beaucoup de ces attentes sont très bonnes. Pire si nous avons tant d’attentes que nous cessons de nous rappeler combien nous avons. Ce qu’apporte le Christ, c’est la libération de l’attente incessante de quelque chose de « mieux ». Le Christ nous apporte la liberté. Il nous libère non seulement des péchés, mais aussi du Vieil Homme qui est en nous.

Lisons :

Soyez toujours joyeux. Priez sans cesse. Rendez grâces en toutes choses, car c’est à votre égard la volonté de Dieu en Jésus-Christ. N’éteignez pas l’Esprit. Ne méprisez pas les prophéties. Mais examinez toutes choses ; retenez ce qui est bon.

—1 Th 5,16-21

  • Comment comprends-tu que dans toute situation nous devons rendre grâce ?

  • Comment comprends-tu que dans toute situation nous devons nous réjouir ?

Saint Paul écrit ces mots en sachant que les chrétiens subissent la tribulation et sont tués. La joie pour laquelle lutte pour nous Jésus n’est pas causée par une Idylle qui commencerait à nous entourer magiquement. Sa source est dans les cœurs, qui ont réévalué ce qui est important et savent remercier bien plus que demander.

L’application de la rencontre sera de remercier quelqu’un. Pour ce qu’il est, pour ce qu’il a fait, pour ce qu’il a dit. Adressons-nous à une personne dans notre vie et disons « merci ». C’est un bon premier pas pour montrer à Jésus que nous avons compris ce qu’il veut nous dire.