Rencontre 4. - Liberté et responsabilité

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Objectif

Prise de conscience que la liberté n’est pas facile, qu’elle a ses conséquences et implique une responsabilité. Tentative de réponse à la question de savoir si je veux une telle liberté.

Prière

Ce que chacun aime et veut :)

Introduction

Je voudrais que nous partions d’une citation et que nous restions un peu dans son ambiance.

Dans le monde d’aujourd’hui, la liberté n’est pas un problème. La liberté est déjà là. Reste la question : que faire de la liberté ?

—Józef Tischner

Nous parlons de liberté depuis deux jours. Nous savons que nous l’avons. Nous savons qu’elle existe. Nous savons en quoi elle consiste. Et justement ce en quoi elle consiste – n’est-ce pas terrible ? Le CEC [1734] dit que la liberté nous rend responsables de nos actes. J’irais dans l’interprétation encore plus loin. Non seulement des actes, mais aussi des gens avec qui nous vivons, sommes, nous rencontrons, que nous aimons. De ce que nous disons, comment nous le disons etc. etc.

  • Une telle liberté n’est-elle pas quelque chose d’effrayant ?

  • M’est-il jamais venu à l’esprit combien d’obligations pèsent sur moi, précisément parce qu’on m’a donné la liberté ?

Lisons :

La liberté est un bagne, une course d’endurance, solitaire, très épuisante.

—A. Camus

La liberté n’est pas un cadeau, elle a des gouttes de sueur sur le front.

—Zbigniew Jerzyna [poète, dramaturge, essayiste]

  • Suis-je prêt(e) pour une telle liberté ?

  • Est-ce que je veux une telle liberté ?

La question la plus pertinente ici est de savoir si je veux et suis prêt pour une telle liberté. L’homme a-t-il conscience que ce don reçu est une obligation immense ? Sait-il que c’est précisément la liberté, et non son absence, qui est souvent la raison de la lutte avec soi-même, avec les autres ?

Est-ce que je veux être libre ?

Ils finiront par nous apporter leur liberté à nos pieds et nous dire : faites-nous plutôt esclaves, mais donnez-nous à manger… (…) Je te dis qu’il n’y a pas de souci plus torturant pour l’homme que celui-ci : trouver quelqu’un à qui l’on puisse remettre au plus vite le don de la liberté avec lequel naît cette malheureuse créature…

—Fiodor Dostoïevski

  • Peut-être ai-je eu une fois dans ma vie un moment tel, que faire un choix était pour moi quelque chose de terrible, d’inconfortable, ai-je eu une telle tentation que quelqu’un fasse ce choix pour moi ?

  • Pourquoi en est-il ainsi que l’homme a peur précisément de cette responsabilité ?

Pourquoi l’homme a-t-il peur du fait qu’il peut être l’auteur du bien dans sa vie et dans celle de quelqu’un d’autre ? Car c’est de cela qu’il s’agit. La liberté n’est pas une raison de tristesse et de dépression. Nous devrions [d’ailleurs curieux pourquoi j’utilise le mot devrions] être contents que tant de choses soient entre nos mains. Qu’on nous ait donné une telle liberté d’action. Que tant de bien puisse surgir.

Liberté et bonheur… ?

Exemple : Je suis face à un choix. Je vois les avantages, je vois les défauts de prendre telle et pas une autre décision. Je sais quelle décision je devrais prendre… mais je ne veux pas. Je sais ce qui serait bon pour les autres, mais je voudrais prendre la décision de mon point de vue. Je sais ce que je voudrais. Cependant, finalement la conscience gagne. Je choisis ce que je sens que je devrais choisir, bien que je ne le veuille pas.

  • Suis-je dans ce cas un homme libre ?

En me basant sur la définition du CEC – je suis libre, car j’ai choisi le bien, le bien pour l’autre etc. Mais à l’intérieur de moi j’ai le sentiment que si j’avais choisi autrement, je me sentirais [si égoïstement] mieux. C’est-à-dire qu’en principe je ne suis pas heureux… D’un autre côté – si j’avais choisi pour moi, en ignorant les besoins de l’autre homme – sûrement la conscience me remordrait. Et je ne serais pas heureux non plus…

…et Thucydide [historien grec] dit :

La base du bonheur est la liberté et la base de la liberté le courage.

—Thucydide

Résumé

Je ne sais pas si l’homme pourra un jour dire à 100% qu’il est heureux [libre]. Il faudrait qu’il se débarrasse de tous les réflexes, habitudes et coutumes humains [dans ce sens pécheurs]. Il faudrait qu’il se débarrasse de cette note d’égoïsme qui gît en lui [car elle gît en chacun]. Il faudrait qu’il se débarrasse de la peur, de l’incertitude, du doute, de la crainte… il faudrait faire beaucoup de choses. Mais n’est-ce pas là notre tâche sur terre ? Le travail sur soi et sur AVOIR LE COURAGE d’être libre. Pour s’opposer aux schémas et pour lutter pour le bien. Il ne nous est pas permis d’oublier que dans cette lutte nous ne sommes pas seuls. Après tout, Jésus dit « Courage » et « N’ayez pas peur » (Mt 14,27) « Je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde » (Mt 28,20).

  • Puis-je dire de moi-même que je suis un homme libre ?

Note

C’est une question qu’on peut faire comme question de partage… ou on peut terminer la rencontre par cette question, laissant la réponse à chacun individuellement.