Rencontre 3. - Être serviteur de Dieu et des hommes *************************************************** .. tags:: contenu|service|Service, contenu|amour|Amour, contenu|vocation|Vocation, contenu|responsabilite|Responsabilité, methode|travail-en-groupes|Travail en groupes, methode|travail-spatial|Travail spatial, type|formation|De formation Objectif de la rencontre + introduction pour l'animateur ======================================================== L'objectif de la rencontre d'aujourd'hui est que chacun des participants élabore un aspect concret et vérifiable de la vie dans lequel il voudra « être plus qu'avoir ». Nous voulons nous confronter à nos craintes et bien motiver notre changement potentiel. Cette rencontre dure 1 heure 20 minutes. La rencontre de groupe d'aujourd'hui n'a pas de prière avant la rencontre. Elle a une prière dans le deuxième point de cette rencontre. Introduction ============ Hier, lors de la prière du soir, chacun de vous a été envoyé pour faire miséricorde. Symboliquement, vous avez reçu une bougie allumée. L'Église intercédait auprès de Dieu pour vous, afin que vous réalisiez votre vocation. * Qu'est-ce que cet événement signifie pour toi, qu'as-tu ressenti quand tu recevais la bougie ? * Quels espoirs as-tu liés à ce temps ? * Comment te sens-tu dans cette retraite ? Prière ====== L'Église qui nous a soutenus dans la vocation, ce ne sont pas seulement les « spécialement autorisés ». L'Église, c'est nous. Nous vivons cette retraite ensemble et comme nous l'avons dit lors de la première rencontre - nous sommes responsables les uns des autres. Prions donc maintenant à nos intentions pour qu'en descendant aujourd'hui de cette montagne, nous transférions une chose dans notre vie de manière durable. Je suis appelé ============== Nous avons été envoyés. Nous avons été appelés. C'est l'une des vérités fondamentales de la foi - Dieu nous aime et a un plan pour nous. Remarquez que jusqu'à présent nous ne vous avons pas demandé quelle vocation vous avez. Nous n'avions pas à le faire, car Dieu nous appelle à certaines choses nous tous. Il en est ainsi par exemple de faire miséricorde ou de tendre à la sainteté. C'est toujours cependant une vocation - qu'il faut entendre, et ensuite répondre volontairement. Bien qu'elle soit universelle/massive, elle respecte la liberté de chacun de nous. * Te sens-tu appelé au service d'une autre personne ? De quelle manière ? .. note:: On peut ne pas encore le savoir ! Au tournant de 1997 et 1998 s'est tenu à Rome un congrès consacré aux vocations. Nous allons essayer maintenant de recourir à ce texte officiel de l'Église et nous mesurer à lui. Lisons : « Ce simple fait d'exister devrait avant tout remplir tout le monde d'émerveillement et d'une immense gratitude envers Celui qui de manière totalement gratuite nous a appelés du néant, en prononçant notre nom. **Comprendre donc que la vie est un don ne devrait pas seulement éveiller une attitude de reconnaissance, mais lentement devrait suggérer la première grande réponse à la question fondamentale sur son sens** : la vie de l'homme est un chef-d'œuvre de l'amour créateur de Dieu et est en soi un appel à l'amour. **Le don reçu tend par sa nature à devenir un bien donné.** L'amour est le sens plein de la vie. Dieu a tant aimé l'homme qu'il a donné sa vie pour lui et l'a rendu capable de vivre et d'aimer à la manière divine. » -- Congrès des Nouvelles Vocations en Europe * Au service de qui/quoi voudrais-tu consacrer actuellement ta vie ? Pourquoi ? * Que penses-tu du fait que tu es capable d'aimer à la manière divine ? Qu'est-ce que cela signifie pour toi ? Lisons : « Comme la sainteté est pour tous les baptisés dans le Christ, ainsi **il existe une vocation spécifique de chaque vivant ;** comme la première est greffée dans le saint Baptême, ainsi la seconde est liée au fait même d'exister. La vocation est la pensée providentielle du Créateur à l'égard de chaque créature, elle est son idée-projet, comme un certain rêve qui est dans le cœur de Dieu, parce que le sort de la créature lui tient à cœur. **Dieu-Père désire qu'elle soit différente et spécifique pour chaque vivant. L'être humain est en réalité « appelé » à la vie et, quand il commence à vivre, il porte et retrouve en soi l'image de Celui qui l'a appelé.** » -- Congrès des Nouvelles Vocations en Europe .. note:: Ne manquons pas ce moment - ici nous arrivons au concret. De cela peut dépendre toute la valeur de cette retraite. C'est un moment de vérification particulière et le « dernier appel » pour que nous essayions d'aider une fois de plus les participants à vivre la retraite. Nous ne devons pas être tous les mêmes bien que nous ayons tous la même vocation au service de la miséricorde. Cela doit signifier que le service de la miséricorde doit avoir de très nombreuses manifestations. Montrons la miséricorde largement ! Ne réservons pas le mot « miséricorde » seulement pour aider les enfants pauvres dans la rue en leur achetant un petit pain (bien que ce soit aussi important !). Enseigner quelque chose est un service de miséricorde. Nous lui consacrons notre temps et nos ressources en le faisant avec amour pour son bien. Une conversation honnête avec quelqu'un autour d'un café quand cette personne a besoin de se confier à quelqu'un est un service de miséricorde. Divisons ensemble notre vie en certains espaces. Par exemple : 1. Études 2. Famille 3. Environnement de la maison 4. Travail 5. Repos 6. Hobby 7. Sport 8. Amis 9. Voyages 10. Politique Que chacun des groupes choisisse ses 10 espaces en le notant sur une feuille de manière à ce que surgissent 10 colonnes. Ensuite, sur des notes adhésives type « post-it », notons ensemble des idées comment on peut être apôtre de la miséricorde dans chacun de ces espaces en la collant à l'endroit approprié. * Quelle « note » est la plus proche de toi ? Pourquoi ? * Où dans l'environnement dans lequel tu vis le service de la miséricorde est-il le plus nécessaire ? En quoi consisterait-il ? * Comment peux-tu « te consumer pour les autres » dans ce domaine ? .. note:: C'est un endroit où, en tant qu'animateurs, nous pouvons témoigner de ce « retrouver en soi l'image de Celui qui nous a appelés » dans la diaconie. C'est personnel, mais je pense indispensable. J'ai reçu donc je donne ======================= Lisons : Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement. -- Mt 10, 8 * Quels sont tes « dons spécifiques » que tu peux utiliser ? Dans quels espaces de l'exercice précédent cela te semble-t-il le plus naturel ? * Qu'est-ce qui est pour toi le plus important dans le fait de donner ? * Comment acceptes-tu les cadeaux des autres ? Cela te pose-t-il un problème ? Se voir soi-même comme quelqu'un de doué, quelqu'un d'heureux aide beaucoup à voir le frère et la sœur à côté de nous. Ce sentiment de faible valeur fait « paradoxalement » que nous sommes concentrés souvent tellement sur nous-mêmes que nous ne sommes pas capables de voir pleinement les besoins des gens près de nous. Dieu voit en nous des gens de valeur et doués. Si nous nous regardons nous-mêmes de cette manière, donner aux autres ce que l'on a soi-même reçu devient quelque chose de naturel. * Quelle est la chose/l'affaire la plus importante que tu peux donner à l'autre ? * À qui consacres-tu le plus de ton temps ? Aux gens ou aux affaires ? * De quoi es-tu le plus reconnaissant dans la vie ? Voir le frère et la sœur ======================== Lisons le dernier fragment : « **Une partie de la culture vocationnelle est : la capacité de rêver et d'avoir de grands désirs ;** l'émerveillement qui permet d'apprécier la beauté et de la choisir pour sa propre valeur intrinsèque, parce qu'elle rend la vie belle et vraie ; l'altruisme qui n'est pas seulement solidarité dans le besoin, mais naît de la découverte de la dignité de n'importe lequel des sœurs et frères. À la culture du plaisir, qui risque de perdre de vue et d'anéantir les questions sérieuses, s'oppose une culture capable de trouver le courage et le goût dans les grandes questions de l'homme, se rapportant à son avenir. » -- Congrès des Nouvelles Vocations en Europe * Quelles craintes as-tu liées au fait d'« être pour » ? * En quoi consiste la « dignité de n'importe lequel des sœurs et frères » ? (Tous appartiennent à Dieu) Lisons : Alors le Roi dira à ceux qui seront à sa droite : "Venez, les bénis de mon Père, recevez en héritage le Royaume préparé pour vous depuis la fondation du monde. Car j’avais faim, et vous m’avez donné à manger ; j’avais soif, et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger, et vous m’avez accueilli ; j’étais nu, et vous m’avez habillé ; j’étais malade, et vous m’avez visité ; j’étais en prison, et vous êtes venus jusqu’à moi !" Alors les justes lui répondront : "Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu... ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison... Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?" Et le Roi leur répondra : "Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait." -- Mt 25, 34-37 * Dans quelle mesure es-tu capable de vivre dans la perspective que dans chaque homme nous pouvons rencontrer le Christ ? * Qu'est-ce que change pour le monde une telle perspective qu'a apportée le Christ ? * Que signifie le fait que les justes étaient étonnés par une telle tournure des événements ? Être bon n'est pas un effort énorme. Les « bienheureux » ont cela inscrit dans leur ADN, ils sont ainsi « en passant ». Comment autrement pourraient-ils être heureux si chaque sourire, poignée de main ou autre aide était un effort avec de la sueur sur le front ? Nous avons reçu une bougie qui se consume. Ce fait de se consumer dans le christianisme est joyeux, est naturel. Autrement personne ne serait chrétien plus de quelques années pour des raisons d'épuisement mental :). .. note:: Que chaque animateur trouve ici son propre exemple. Je donne celui de KWC (Croisade de Libération de l'Homme), car il est communément connu. La clé est précisément le changement de perspective du vendredi. Quelqu'un du travail m'a dit un jour : « Je t'admire pour cet effort de ne pas boire d'alcool depuis 17 ans. Tu dois avoir des techniques de motivation incroyables et compliquées ». Le fait est que je ne les ai pas. Le christianisme n'est pas compliqué, n'a pas de mécanismes avancés. Ce qui, de la perspective séculière, ressemble à une machinerie compliquée peut être vu exceptionnellement simple. Changeons pour un moment la perspective et voyons dans chaque alcoolique Jésus (ou simplement un homme avec la même dignité que ma mère) et pensons qu'on peut l'aider en ne buvant pas. Donc je ne bois pas. * De quelle manière ta foi change-t-elle la perspective en regardant les autres gens ? * De quelle manière ta foi change-t-elle la perspective en regardant la vie ? Servir dans la communauté, jusqu'au bout et... dès maintenant ============================================================= Dans le Message pour le Carême de cette année François a rappelé : « Comme je désire que **les lieux où se manifeste l'Église, en particulier nos paroisses et nos communautés, deviennent des îles de miséricorde au milieu de la mer de l'indifférence !** » * Le Pape parle de communautés, de groupes. Pourquoi ? Nous en avons parlé hier en interprétant le symbole de la bougie. Il est facile de perdre l'ardeur. S'il y en a d'autres autour de nous qui « sont allumés », nous maintiendrons la flamme. * As-tu un groupe qui peut t'aider à servir ? Comment est-il ? * De quelle manière peux-tu y maintenir ton ardeur ? Comme disait un classique « il faut être deux pour danser le tango ». Le seul fait que nous voulions être dans une communauté ne suffit pas pour qu'automatiquement notre ardeur ne faiblisse pas. Il faut aussi l'ouverture de cette communauté pour nous aider. Nous pouvons donc nous mettre de l'autre côté, n'est-ce pas ? Nous savons déjà changer de perspective ! :). * Que fais-tu pour maintenir l'ardeur des autres dans ta communauté pour le service ? * Que pourrais-tu faire de plus ? Le service de la miséricorde est quelque chose que l'on choisit pour toujours. Si l'on voit cette perspective évangélique dont nous parlons tout le temps ici, cela laisse déjà une trace durable. C'est pourquoi dans un tel cas « on revient de la montagne des béatitudes en étant déjà un homme différent ». Lisons un fragment de plus de l'homélie, dont nous avons lu des fragments hier à la rencontre : | « Nous savons qu'ici, en ce lieu, à Westerplatte, en septembre 1939, un groupe de jeunes Polonais, soldats, sous le commandement du major Henryk Sucharski, a résisté avec une noble obstination, engageant une lutte inégale avec l'envahisseur. Une lutte héroïque. | Ils sont restés dans la mémoire de la nation comme un symbole éloquent. Il faut que ce symbole continue de parler, qu'il constitue un défi pour toujours de nouvelles personnes et générations de Polonais. | **Chacun de vous, jeunes amis, trouve aussi dans la vie quelque « Westerplatte » à lui. Une certaine dimension de tâches qu'il doit entreprendre et accomplir. Une certaine juste cause pour laquelle on ne peut ne pas lutter. Un certain devoir, une obligation, dont on ne peut se dérober. On ne peut pas « déserter ».** | Enfin - un certain ordre de vérités et de valeurs qu'il faut « maintenir » et « défendre », comme ce Westerplatte, en soi et autour de soi. Oui, défendre - pour soi et pour les autres. » -- Homélie pendant la liturgie de la parole adressée à la jeunesse rassemblée à Westerplatte -- 12 juin 1987 Bien que nous soyons ensemble depuis moins de deux jours, nous essaierons dans un esprit de confiance chrétienne de nous ouvrir les uns aux autres. Nous mesurons-nous à de telles questions ? .. note:: Animateur, tu connais ton groupe et discerne si tu veux réaliser cela à la rencontre. * Quel est ton Westerplatte ? À quoi cela ressemble-t-il de la perspective de « être plus qu'avoir » ? * Que pouvons-nous faire en tant que petit groupe pour t'aider à le défendre ? .. note:: C'est la place de l'animateur pour le témoignage sur la découverte de « sa place sur terre » dans la diaconie (pour autant que ce soit vrai !) Encourageons le groupe à agir. Passons du parler de la miséricorde à la faire. Ici et maintenant. **Variante 1 (impatients) :** * Que pouvons-nous faire maintenant en tant que petit groupe pour t'aider ? Quelqu'un veut la prière ? Prions sur notre frère (Notre Père commun). Quelqu'un voudrait voir quelles bonnes qualités il a ? Nous prenons des feuilles et chacun écrit une qualité et la lui remet. Quelqu'un veut parler de quelque chose ? Nous convenons maintenant d'un thé avant le départ. **Variante 2 (effet différé) :** Chacun des participants essaie d'accomplir un service mature de miséricorde à l'égard de chacun. Le participant rappelle quel est son « Westerplatte » et ensuite chacun (sauf l'auteur) écrit sur une feuille ce qu'il fera dans cette affaire pour lui pour l'aider en cela et la lui remet. De cette manière le groupe lie un « contrat » particulier qu'il se soutiendra dans un avenir proche. Résumé + Application ==================== Le 11 janvier 2016, lors de la prière de l'Angélus, François disait : « La miséricorde est nécessaire aujourd'hui et il est essentiel que les fidèles laïcs la vivent et la portent dans les différents environnements sociaux. En avant ! Nous vivons le temps de la miséricorde, c'est précisément le temps de la miséricorde. » Choisissons une chose que nous ferons en acte de miséricorde : 1. Dans cette retraite 2. Au retour à la maison 3. Dans la semaine prochaine Notons ces choses dans nos carnets (ou si quelqu'un préfère - mettons-les sur des feuilles dans l'Écriture Sainte). Dans le cadre de la prière, faisons-nous chacun un signe de bénédiction sur le front et lisons Rm 8, 28-30.